La Bièvre

 

Les premiers travaux tendant à camoufler l'égout qu'était devenu " le charmant ruisseau " furent, après ceux de 1826 par lesquels on avait muraillé les lits des deux canaux, de voûter le canal commun sur son dernier tronçon pour le faire passer sous le boulevard de l'Hôpital. Les préoccupations d'hygiène, qui contribuèrent à remodeler la ville sous les directives du baron Haussmann, eurent évidemment des conséquences directes sur la Bièvre. En 1868, il fut décidé d'exécuter " le collecteur de Bièvre qui, à la hauteur de la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, barra le passage à l'ancien cours et détourna toutes les eaux pour les amener, en passant sous la Seine, par le siphon du pont de l'Alma, dans le grand collecteur de Clichy ".


Dix ans plus tard, on enterra la rivière morte. Elle est drainée dans une conduite qui, de la Poterne des Peupliers, passe sous la place d'Italie et rejoint directement le grand collecteur en négligeant le tracé de l'ancien lit qui fut d'ailleurs comblé et les terrains, ainsi libérés, livrés à la spéculation immobilière.

 

 Carte de la Bièvre

 

 

[...] elle fut autrefois charmante. Entre ces deux ruisseaux s'étendaient une prairie, plantée d'arbres, et des petits étangs granulés de mouches vertes par des lentilles d'eau; des fleurs étoilaient l'herbe; des buissons de mûres enchevêtraient leurs tiges munies d'épines courbes et roses comme des griffes; le paysage était presque désert; çà et là, quelques enfants pêchaient des grenouilles; un cheval blanc paissait; près d'une chèvre, une femme alignait des cordes pour sécher du linge; la Bièvre bouillonnait, joyeuse [...]
de Jord-Karl Huysmans( écrivain français et critique d'art).

 

 

 


Ancien lit de la Bièvre

Le puits artésien (La Bièvre et la Butte aux cailles)


Sur une idée de François Arago qui voulait alimenter le quartier en eau et déverser le surplus dans la Bièvre au débit devenu insuffisant, le forage d'un puits artésien est décidé par arrêté du préfet Haussmann daté du 19 juin 1863. Les travaux ne commencent que le 28 août 1866, et débutent par l'érection d'une tour de forage en bois.
Devant les difficultés techniques rencontrées, les travaux sont interrompus en 1872, et seule la tour en bois, abandonnée, demeure comme témoin de cette tentative sur la place au nom prédestiné de place du Puits-Artésien. Repris en 1893 sous la direction de l'ingénieur Paulin Arrault4, l'eau captée à 582 m de profondeur jaillit enfin en novembre 1903, à la température de 28°C et avec un débit de 6 000 m3 par jour. A cette époque, la Bièvre était déjà en cours d'enfouissement, et il n'était plus question d'y déverser l'eau du puits artésien. Ce n'est qu'en 1924, lors de la construction de la toute proche piscine de la Butte-aux-Cailles que cette dernière fut alimentée par cette eau de qualité.

 

   Fontaine de la Butte-aux-Cailles          Le quartier de la Butte-aux Cailles possède même sa propre piscine

  

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